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Le Nouvel (Des)Ordre mondial.


Le nouvel ordre mondial est un concept géopolitique utilisé à chaque fois que survient un grand bouleversement à l’échelle mondial. Cela a été le cas de l'immédiat après-guerre froide, à la chute du “mur de Berlin”. La formule “nouvel ordre mondial” est parfois usitée de manière inappropriée.

En tout cas, par habitude, l'expression désigne l'alignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux vers une certaine unipolarité, jusqu’ici incarnée par les États-Unis. Depuis lors, elle est réemployée dans d'autres contextes diversement appréciables. Peut-on parler de nouvel ordre mondiale suite à la récente débâcle américaine en Afghanistan, du récent transfert du footballeur Léo Messi de Barcelone à Paris ou du fait que j’ai atteint le nombre maximal d’”amis” sur Facebook.

Il est possible de dire que la pandémie de coronavirus pourrait engendrer un nouvel ordre mondial selon diverses opinions. Quoiqu’il en soit, de façon normée, la seule connaissance que je puisse revendiquer de ma connaissance du concept est que: “Le Nouvel Ordre Mondial” est le titre du livre du journaliste et romancier britannique Herbert George Wells (1866 - 1946) publié en 1940 qui traite de l'établissement d'un gouvernement mondial unique. Et que cette expression dans version en latin “Novus Ordo Seclorum” apparaît dans le Grand sceau des États-Unis dès 17821.


Revenons à nos moutoneries, mutineries, ou plutôt... au coup d’état militaire faisant suite au coup d’état anticonstitutionnel de la victime du jour: Alpha Condé.

Alpha Condé, est en 2010 le premier président démocratiquement élu de Guinée. Au pouvoir depuis onze ans, le très critiqué président guinéen, hauteur d’un "hold-up électoral", a été arrêté, moins d’un an après sa réélection controversée à un troisième mandat, le 5 septembre 2021.

"Toute l’armée guinéenne, de Nzérékoré jusqu’à Conakry, nous allons nous donner la main pour aider le pays" et "mettre fin au mal guinéen", a déclaré le chef du Groupement des forces spéciales (GFS), Mamady Doumbouya, principal artisan du coup d’État.

Celui pour lequel toute la sous-région s’était mobilisation pour son combat en faveur de la démocratie et qui déclarait: "C’est extraordinaire que moi, qui me suis battu durant quarante-cinq ans, je sois considéré comme un dictateur antidémocratique!", avait oublié sa chemise de démocrate à la laverie du palais “Sékoutouréyah”.

Dix ans après son accession au pouvoir, le premier président démocratiquement élu de Guinée, opposant historique aux régimes dictatoriaux, s’est montré aussi autoritaire que ses prédécesseurs, parfois plus. Il a fait modifier la Constitution qui fixe un maximum de deux mandats présidentiels pour pouvoir se présenter à nouveau.

Dans ce pays en proie à des difficultés économiques malgré une certaine gabegie de la part de son gouvernement, aggravées par la pandémie de Covid-19, la vie chère, notamment sur l’essence, a encore accentué le sentiment d’abandon d’une partie de la population. Dimanche, l’annonce de l’arrestation d’Alpha Condé a été accueillie par des scènes de liesse à travers tout le pays.


Dans cette situation les réactions de certains analystes sont surprenantes. Des “prête-plume” dans des articles aux effluves de rôts de plats mal digérés sous les lamprillons de palais présidentiels sermonnent ces joyeux libérés en indexant les traditionnel ennemi ancien colonisateur qui pourtant a aidé beaucoup de ces ingrats à s’installer au pouvoir envers et contre tout respect des règles dites démocratiques.

Ces chefs d’état veulent “constitutionnaliser” les troisièmes mandats. Que peut faire un larbin dans un troisième mandat et qu’il n’eut pu faire pendant ses deux précédents réglementaires. Ce sont des guinéens que nous avons tous vu sur les images qui circulaient et ces scènes de liesse à Conakry veulent bien exprimer quelque chose.

Si un chef d’état se gargarise de réduire ses opposants, alors qu’il s’attende à voir d’autres formes d’opposition comme les “Gilets jaunes, les Gilets rouges, les activistes masqués, en cagoule et parfois les coups d'états militaires.

On suppose que ce putsch du Lt-Colonel Mamady Doumbouya est certainement commandité et prend en compte des intérêts d'une ou des puissances réactionnaires. Et alors.... “Allah n’est pas obligé...” et que lorsque la démocratie est confisquée dans un pays, il n'y a malheureusement pas d'autres voies pour se libérer.

Il ne nous reste qu’à faire confiance au nouvel homme fort et locataire de “Sékoutouréyah” et faisons confiance à ce même peuple de Guinée qui avait dit “NON” au Général et qui a subi tant d’épreuves mais qui a une capacité de résilience certaine.

Aujourd’hui, le nouvel (des)ordre mondial fait prospérer d’autres formes de luttes, d’autres types d’opposants et des solutions qui elles-mêmes sont des problèmes... Abanah...

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